Objectif Pôle Sud | Hardangervidda : Entraînement #1 en solo
En novembre 2018, Matthieu Tordeur va tenter de skier de la côte du continent Antarctique jusqu’au pôle Sud en solitaire et en autonomie totale.
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Hardangervidda : Entraînement #1 en solo

Hardangervidda : Entraînement #1 en solo

 

Départ le 23 février pour le Hardangervidda en Norvège pour 1 semaine d’entraînement en solitaire.

 

 

A mi-chemin entre Bergen et la capitale Oslo, le Hardangervidda est le plus grand plateau européen intégralement situé au-delà de la limite des arbres, connu pour être une zone d’entraînement prisée des explorateurs polaires en partance pour l’Antarctique et le pôle Sud à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle comme Roald Amundsen ou Fridtjof Nansen.

 

 

Jour 1 :

Départ de Finse, village situé à 1 222 mètres d’altitude. La météo prévoit aujourd’hui -21° sur le plateau du Hardangervidda d’où je distingue déjà quelques fjords, lacs immaculés et le sommet du Harteigen (1681m). Une vingtaine de km de prévus pour rejoindre la première étape, Krækkja.

« Première journée de faite. Il n’est jamais facile de partir, surtout en solo. Mais c’était magnifique et on rentre vraiment dans les choses concrètes. Plein de choses se bousculent dans ma tête. C’est dur, mais je suis heureux d’être là ».

 

 

Jour 2 :

Hier soir, j’ai décidé de changer mon itinéraire et passer par Kjeldebu, Dyranut puis Sandhaug. La vague de froid, appelée le « Moscou-Paris », annoncée cette semaine recouvre déjà la Norvège. Cette seconde journée prévoit une tempête de vent assez inhabituelle pour la région avec des vents jusqu’à 120 km/h et des températures descendant jusqu’à -38°C.

« Je suis à Kjeldebu, j’ai quelques difficultés avec ma pulka qui se retroune souvent quand il y a du dénivelé et il y a un vent démentiel. It’s tough going. J’ai trouvé refuge dans une cabine. »

 

 

Jour 3 :

Les températures sont descendues jusqu’à -40°aujourd’hui dans la région de Kjeldebu. Les rafales de vent m’ont forcées à trouver un abri dans une cabane.

« C’est la tempête ici, il y a un warning sur toute la zone à cause du vent. Ce n’est pas raisonnable de sortir. Au moins je suis à l’abri dans une cabane. Patience patience… »

 

 

Jour 4 :

Les conditions météorologiques m’obligent à rester dans la cabane près de Kjeldebu. C’est frustrant, mais il est nécessaire d’être patient.

« Trois allemands sont arrivés hier du Sud. On ne sort pas aujourd’hui, le warning est encore un peu sévère. J’étudie mes solutions. »

 

 

Jour 5 :

Les conditions ont rarement été aussi rudes dans cette partie de la Norvège. Avec la nourriture et le temps qu’il me reste, je suis une nouvelle fois contraint de modifier mon itinéraire. Il y a toujours pas mal de vent, le warning dure jusqu’à demain soir. Trois allemands sont arrivés hier du sud et ont pris la décision d’abandonner l’idée d’aller à Finse parce qu’ils ont tous des petites gelures aux doigts et sur le visage. L’un d’eux vient tous les ans depuis 10 ans et n’a jamais vu ça. Je vais essayer de partir demain vers l’Est vers Krækkja, Haugastol, puis Ustaoset pour prendre le train pour Oslo dimanche soir et ne pas rater l’avion lundi. La météo s’améliore ce week-end. C’est décevant de ne pas faire la route prévue, mais je tire plein d’enseignements de cet « échec ».

« J’ai trop compté sur la chance et le beau temps pour cet entraînement mais je crois qu’il faut savoir être raisonnable. C’est difficile de prendre la décision tout seul mais continuer vers le Sud en temps limité, c’est prendre un risque. »

 

 

 

Jour 6 :

Aujourd’hui, le beau temps est revenu sur le plateau du Hargandervidda.

« Bonne journée hier : beaucoup de dénivelé mais des vues magnifiques. Grand soleil et -20°C. J’ai campé sur un lac gelé cette nuit et je vais aujourd’hui continuer vers l’Est. Ce sera plus plat. »

 

 

Jour 7 :

Les températures varient entre -13° et -20° aujourd’hui. Je me dirige vers Ustaoset pour espérer prendre le train pour Oslo ce soir et sauter dans l’avion pour Paris demain.

« Début de journée dans le blanc total, très peu de visibilité. Je me faisais parfois surprendre par le terrain en accélérant ou au contraire en butant sur une bosse. Avec ce changement d’itinéraire, j’ai eu pas mal de dénivelé et la pulka se retourne régulièrement. J’ai décidé d’arrêter de m’énerver. Aujourd’hui, il faut que je traverse un lac mais il a l’air d’avoir quelques bras d’eau. L’arrivée est proche. »

 

 

 

 

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#ObjectifPôleSud