Hardangervidda : Entraînement en Norvège

Hardangervidda : Entraînement en Norvège

Février 2018.

L’heure est à la préparation physique pour Matthieu Tordeur. Durant une semaine, notre aventurier Français va tenter de traverser le plateau du Hardangervidda.

 

A mi-chemin entre Bergen et la capitale Oslo, le Hardangervidda est le plus grand plateau européen intégralement situé au-delà de la limite des arbres, connu pour être une zone d’entraînement prisée des explorateurs polaires en partance pour l’Antarctique et le pôle Sud à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. On pense notamment à Roald Amundsen et Fridtjof Nanse.

 

Jour 1 :

Départ de Finse ce matin pour Matthieu Tordeur, village situé à 1 222 mètres d’altitude. La météo prévoit aujourd’hui -21° ressentis sur le plateau du Hardangervidda d’où Matthieu distingue déjà quelques fjords, lacs immaculés et le sommet du Harteigen (1681m). 41km de marche prévus pour rejoindre la deuxième étape de ce périple, Krækkja. L’entraînement physique a bel et bien commencé pour notre explorateur Français !

« Première journée de faite. Il n’est jamais facile de partir, surtout en solo. Mais c’était magnifique et on rentre vraiment dans les choses concrètes. Plein de choses se bousculent dans ma tête. C’est dur, mais je suis heureux d’être là ».

 

Jour 2 :

Hier soir, Matthieu a décidé de changer son itinéraire et passer par Kjeldebu, Dyranut puis Sandhaug. La vague de froid, appelée le « Moscou-Paris », annoncée cette semaine recouvre déjà la Norvège. Cette seconde journée prévoit un froid glacial pour notre aventurier qui s’apprête à affronter des températures allant jusqu’à -38° au petit matin.

« Je suis à Kjeldebu, j’ai quelques difficultés avec ma pulka qui se retroune souvent quand il y a du dénivelé et il y a un vent démentiel. It’s tough going. J’ai trouvé refuge dans une cabine. »

 

Jour 3 :

Les températures sont descendues jusqu’à -40°aujourd’hui dans la région de Kjeldebu. Les rafales de vent forcent Matthieu à rester à l’abri dans son refuge.

« C’est la tempête ici, il y a un warning sur toute la zone à cause du vent. Ce n’est pas raisonnable de sortir. Au moins je suis à l’abri dans une cabane. Patience patience… »

 

Jour 4 :

Les conditions météorologiques obligent notre explorateur à rester dans la cabane près de Kjeldebu. Son GPS n’affiche désormais aucun mouvement depuis deux jours. Nous attendons de ses nouvelles.

« Trois allemands sont arrivés hier du Sud. On ne sort pas aujourd’hui, le warning est encore un peu sévère. J’étudie mes solutions. »

 

Jour 5 :

Les conditions ont rarement été aussi rudes dans cette partie de la Norvège. Matthieu nous écrit depuis son refuge pour nous annoncer qu’il modifie une nouvelle fois son itinéraire. « Il y a toujours pas mal de vent, le warning dure jusqu’à demain soir. Trois allemands sont arrivés hier du sud et ont pris la décision d’abandonner l’idée d’aller à Finse parce qu’ils ont tous des petites gelures aux doigts et sur le visage. L’un d’eux vient tous les ans depuis 10 ans et n’a jamais vu ça. Je vais essayer de partir demain vers l’Est vers Krækkja, Haugastol, puis Ustaoset pour prendre le train pour Oslo dimanche soir et ne pas rater l’avion lundi. La météo s’améliore ce week-end. C’est décevant de ne pas faire la route prévue, mais je tire plein d’enseignements de cet échec. »

Comme mentionné dans le précédent article, avoir l’équipement adéquat et adapté aux conditions extrêmes est essentiel au bon déroulement d’une expédition. « Aujourd’hui, je n’ai pas le bon matériel pour du plus froid que -25°: ma pulka se retourne sur elle-même dans les montées, mes chaussures de ski ne sont pas assez chaudes, mon sac de couchage non plus, ma veste de ski n’est pas adaptée, mon masque de ski prend la buée et gèle, je n’ai pas de chaussons de tente et en fermant ma pulka un tapis de sol s’est envolé dans le vent, grosse erreur… »

« J’ai trop compté sur la chance et le beau temps pour cet entraînement mais je crois qu’il faut savoir être raisonnable. C’est difficile de prendre la décision tout seul mais continuer vers le Sud en temps limité, c’est prendre un risque. »

 

 

Jour 6 :

Aujourd’hui, le beau temps est revenu sur le plateau du Hargandervidda.

« Bonne journée hier : beaucoup de dénivelé mais des vues magnifiques. Grand soleil et -20°C. J’ai campé sur un lac gelé cette nuit et je vais aujourd’hui continuer vers l’Est. Ce sera plus plat. »

Jour 7 :

Les températures varient entre -13° et -20° aujourd’hui. Matthieu Tordeur – Aventurier se dirige vers Ustaoset pour espérer prendre le train pour Oslo ce soir et ne pas rater l’avion pour Paris demain.

« Début de journée dans le blanc total, très peu de visibilité. Je me faisais parfois surprendre par le terrain en accélérant ou au contraire en butant sur une bosse. Avec ce changement d’itinéraire, j’ai eu pas mal de dénivelé et la pulka se retourne régulièrement. J’ai décidé d’arrêter de m’énerver. Aujourd’hui, il faut que je traverse un lac mais il a l’air d’avoir quelques bras d’eau. L’arrivée est proche. »

 

Suivez le périple de Matthieu Tordeur en vidéo sur Instagram et Facebook

#ObjectifPôleSud